Festival international du film asiatique de Vesoul

21ème Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul

J’ai voulu voir Vesoul et j’ai vu Vesoul

Vesoul héberge chaque année le Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul, le plus grand et le plus ancien festival de cinéma asiatique en Europe. Cette 21ème édition du Festival International des Cinémas d’Asie a attiré plus de 30.000 spectateurs et 90 films y ont été projetés. Une sorte de paradis pour tout fan de cinéma asiatique. 2 jours et 9 films plus tard, je n’ai qu’un seul regret : ne pas avoir pu rester plus longtemps pour assister à plus de projections.

Vesoul

The Monk : prix NETPAC

Premier film du festival pour moi, premier long métrage réalisé par le réalisateur, premier film birman en compétition officielle à Vesoul et première bonne surprise du festival, The Monk, film birman qu’est venu nous présenter en personne le réalisateur, The Maw Naing, preuve s’il en est de l’ouverture actuelle du pays. Le film nous raconte la relation entre un vieux moine et son jeune novice dans un village reculé de Birmanie et propose un point de vue intéressant sur la vie monastique. Ouverture du pays certes (il était interdit de filmer il y a quelques années encore), mais la projection du film en Birmanie est encore loin d’être assurée et un scénario différent a été remis par le réalisateur aux autorités pour que le tournage soit autorisé. Même si le film ne critique pas le gouvernement en place, traiter de la religion sous certains angles est encore un sujet très sensible et les autorités venaient parfois sur le tournage pour vérifier le contenu des images. D’autres images ont, quant à elles, été tournées sans autorisation. The Monk a gagné le prix NETPAC (consacré à la promotion des cinémas d’Asie) lors du festival de Vesoul.

The Monk

The Storm Makers: ceux qui amènent la tempête

Côté documentaire, j’ai été retourné par Ceux qui amènent la tempête de Guillaume Suon. Le documentaire raconte l’histoire d’Aya, une jeune paysanne cambodgienne qui a été vendu à 16 ans à un trafiquant d’homme (un « faiseur de tempêtes ») qui lui avait fait miroiter un emploi en Malaisie. Au final c’est une vie d’esclave qui l’attend, privée de passeport, battue, violée, emprisonnée… C’est l’illustration d’un fléau qui prospère. Selon l’ONU, plus de 200 000 Cambodgiens ont été vendus comme esclaves dans plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, tels que la Thaïlande ou la Malaisie. Aya est l’une d’entre elles. Elle parvient à s’enfuir mais de retour dans son village natal, elle doit guérir seule et en silence. Le choc psychologique est lourd. Le film prend le parti de filmer également les trafiquants, avec des témoignages parfois surréalistes et pourtant bien vrais, tel Pou Houy ce Cambodgien sans scrupule qui achète des jeunes femmes en leur promettant monts et merveilles. Guillaume Suon s’interroge : où se situe l’humain lorsqu’il décide de nuire aux autres pour son propre salut ? Disponible en VOD sur la boutique ARTE.

The storm makers

Margarita with a Straw: prix du public

Mais mon véritable coup de cœur c’est indéniablement Magarita with a Straw, film indien réalisé par Shonali Bose inspiré d’une histoire vraie. A en croire la réaction des gens sur les réseaux sociaux ainsi qu’à mon hôtel, je ne suis vraisemblablement pas le seul. De plus le film fait actuellement le tour des festivals du monde entier et a remporté déjà plusieurs prix. Il a d’ailleurs remporté le Prix du Public lors du festival de Vesoul. Ce n’est pas évident de parler de ce film sans trop en dévoiler, mais c’est indispensable afin de ne pas gâcher l’émotion qui s’en dégage. Je suis moi-même plutôt du genre à me laisser surprendre, en évitant au maximum de lire des articles ou de visionner des bandes annonces avant de voir un film afin de ne pas me spoiler les 30 premières minutes de celui-ci… On dira donc simplement c’est l’histoire d’une jeune femme handicapée et de son ouverture au monde, à de nouvelles expériences et à la sexualité. Autant de thèmes plutôt tabous en Inde. Pour autant, pas besoin d’avoir d’affinités particulières avec les sujets traités pour se laisser emporter par l’histoire. Une poésie certaine émane de Margarita With a Straw et le jeu d’acteur de Kalki Koechlin, l’actrice principale (indienne mais d’origine française), est tout simplement parfait. Malgré le sujet, le film sortira le 13 mars en Inde, en espérant qu’une sortie sur les écrans français soit prévue également…

Palmarès du Festival: ici

6 réflexions au sujet de « 21ème Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul »

Laisser un commentaire