Zhou Enlai, un dragon et une pagode chinoise: la Chine à Paris

Aujourd’hui, je vous emmène un peu moins loin que d’habitude. Destination Paris, à la découverte de trois lieux ayant un rapport avec la Chine: une plaque commémorative, une pagode et une sculpture. Et non, ils ne sont pas tous situés dans le 13e arrondissement.

  1. La plaque commémorative en hommage à Zhou Enlai

Zhou Enlai Paris

Zhou Enlai – tout comme Ho Chi Minh, Pol Pot ou encore Deng Xiaoping – a séjourné en France. Ainsi, avant de devenir le Premier Ministre de Mao Zedong en 1949, Zhou Enlai est resté durant deux ans à l’hôtel Neptune, 17 rue de Godefroy, dans le 13e arrondissement de Paris. Il y participera à la création de la section européenne du Parti Communiste Chinois.

On peut désormais voir à cette adresse, sur le mur de l’hôtel,  un panneau en marbre avec une statue en bronze en relief  représentant Zhou Enlai. Ce panneau indique « Zhou Enlai habita cet immeuble lors de son séjour en France de 1922 à 1924 ». Les caractères chinois écrivant le nom de Zhou Enlai ont été écrit par Deng Xiaoping, et la statue elle-même a été réalisée par le sculpteur Paul Belmondo, père de Jean-Paul Belmondo.

Ce panneau a été installé le 16 octobre 1979 à l’occasion du 15e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques franco-chinoises et fera l’objet d’une allocution  de la part de Valery Giscard d’Estaing, alors président de la France: « Parfois la rencontre de deux nations prend le visage d’un homme. Le Premier Ministre Zhou Enlai est venu ici, il y a près de soixante ans, attiré par une image de la France identifiée aux idéaux de notre révolution, cherchant l’inspiration d’un combat qui devait rendre à la Chine son indépendance et au peuple chinois sa dignité. […]. Zhou Enlai n’était pas seulement un ami. Il était devenu pour beaucoup de françaises et de français le visage même de la Chine. Et nous sommes heureux que la Chine aie eu son visage » .

2. La pagode de Monsieur Loo

Pagode Paris

Si vous vous promenez aux abords du parc Monceau, dans le 8e arrondissement de Paris, vous risquez fortement de tomber par hasard sur… une pagode chinoise. En effet, au 48 rue de Courcelles se dresse fièrement un magnifique bâtiment rouge.

A l’origine, il y avait à cet emplacement un hôtel particulier tout à fait semblable à ceux qu’on peut trouver encore aujourd’hui dans le quartier. En 1925, Ching Tsai Loo, un marchand et collectionneur d’art asiatique, acquit le bâtiment et décide de le transformer en pagode.

La ville de Paris n’exige à l’époque aucun permis de construire. Ching Tsai Loo demande l’aide de l’architecte Fernand Bloch et surélève le bâtiment de deux étages, tout en rajoutant la couleur rouge sur les murs et reconstruisant le toit avec des tuiles vernies.

Une fois terminée, cette construction va susciter de nombreuses plaintes et le voisinage militera même pour sa démolition. En vain. Puis la pagode deviendra le lieu où les collectionneurs français pourront découvrir les antiquités chinoises, grâce à une collection unique de meubles, porcelaine et objets antiques.

Aujourd’hui, la pagode est un musée privé qui propose des expositions. Le lieu abrite également la bibliothèque privée de Ching Tsai Loo, comportant plus de 2000 livres et 3000 catalogues relatifs à l’art asiatique.

3. La danse de la fontaine émergente

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Oui, la danse de la fontaine émergente, c’est bien le vrai nom de cette oeuvre. Cette sculpture est l’oeuvre du plasticien franco-chinois Chen Zhen et se situe dans le 13e arrondissement, place Augusta-Holmes.

L’oeuvre est une commande qui a été faites par la Ville de Paris en 1999. Mais Chen Zhen décède en 2000 d’une maladie du sang, et l’installation n’était alors qu’une esquisse. En 2001, Xu Min, l’épouse et collaboratrice de Chen Zhen, reprend les plans et l’oeuvre sera  finalement inaugurée à Paris sept ans plus tard, en février 2008. La sculpture est composée de trois parties distinctes, et le dessus recouvert d’écailles. Le dragon ne possède pas de tête visible. Au total, La danse de la fontaine émergente aura coûté environ un million d’euros à la Ville de Paris.

Sous la sculpture se trouve une des principales usines de production d’eau non potable de Paris. L’eau est puisée directement dans la Seine, avant de servir à l’arrosage des espaces verts ou au nettoyage des caniveaux. A l’origine, l’eau de cette station circulait dans le corps du dragon, passant dans ses entrailles faites de tubes en verre et acier. Intéressant, lorsqu’on sait que dans la culture chinoise le dragon est intimement lié à l’eau, avec le pouvoir d’invoquer la pluie durant les sécheresses.

4, 5, 6…

Il y a encore certainement d’autres lieux intéressants. Il y a quelques années j’aurai probablement parlé du McDonald’s de l’Avenue de Choisy, dans le 13e arrondissement, dont la devanture était composée d’une pagode. Mais désormais la pagode a été enlevée, et la seule particularité de ce MacDonald’s est qu’il est le seul a avoir son nom écrit en caractères chinois sur la devanture. Il y a également dans le 13e arrondissement, juste à côté du centre commercial Olympiades, le Temple de l’Amicale des Teochew que je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter.

Il aurait aussi été intéressant de parler du cinéma La Pagode. Situé 57 bis, rue de Babylone dans le 7e arrondissement, le bâtiment a été construit en 1896 dans le style japonais. Le lieu est devenu un cinéma en 1931 mais est désormais fermé, sans date de réouverture pour l’instant. D’ailleurs, juste avant de devenir un cinéma, la Chine avait pensé à racheter la pagode pour en faire leur ambassade… jusqu’à ce qu’ils découvrent au plafond les fresques vantant les mérites des guerriers japonais contre les Chinois durant la guerre sino-japonaise de 1894-1895!

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