Le rapport de force entre Hollywood et la Chine

Si au milieu des années 1950, le réalisateur français Chris Marker se faisait appeler oncle soviétique lors de ses visites en Chine, il suffit de se promener aujourd’hui à Pékin pour remarquer que désormais on se fait plutôt interpeller par des meiguoren – américain, en chinois – ce qui nous démontre bien que l’influence est belle est bien passée du côté des États-Unis. Et ceci fonctionne également pour le cinéma. Actuellement en Chine, en parts de marché réelles, le cinéma américain représente 40 à 45%, la Chine 50% et le reste du monde se partage entre 5 et 10%.

La Chine dispose d’un quota draconien de trente-quatre films étrangers autorisés à la distribution sur son territoire – dont 14 en Imax 3D (quota qui sera renégocié en 2017). Continuer la lecture de Le rapport de force entre Hollywood et la Chine

Marketing: la stratégie d’Ooredoo en Birmanie

Ooredoo en Birmanie

Depuis deux ans, le coût des communications a été divisé par dix en Birmanie. Néanmoins, début 2014 acquérir une carte SIM vous coûtait toujours aux alentours de 100 dollars (ce qui était toujours 10 fois moins cher que sous la junte militaire y a quelques années). Mais récemment deux entreprises de télécommunications se sont installées sur le territoire birman, l’entreprise qatarie Ooredoo et les norvégiens de Telenor, avec comme but de proposer des cartes SIM à 1500 kyats, soit moins de 2 dollars. Le 2 août Ooredoo a officiellement lancé ses cartes SIM à la vente.

Ce lancement ne s’est pas fait sans quelques remous. Dans un pays où les rivalités religieuses sont encore légion, l’installation d’une entreprise venue du Qatar n’est pas passée inaperçue. Continuer la lecture de Marketing: la stratégie d’Ooredoo en Birmanie

La vie d’expatrié: Pékin vs Rangoon

Certes Pékin et Rangoon sont toutes les deux situées en Asie, pour autant la vie y est relativement différente. Rien qu’au nombre d’habitants: Pékin compte environ 20 millions d’âmes, là où Rangoon n’en compte « que » 4,5 millions. La vie quotidienne à Pékin sans parler chinois est un vrai casse-tête (chinois), alors qu’en Birmanie tout le monde baragouine un anglais plus ou moins bon selon les cas. Vous l’aurez compris, être éxpatrié en Birmanie ou éxpatrié à Pékin ce n’est pas exactement la même chose. Bref comparatif de la vie en tant qu’étranger dans ces deux villes:

Le climat

Que ce soit dit, le climat à Pékin et à Rangoon n’est en rien comparable. L’hiver à Pékin est rude et froid – qui a dit comme ses habitants ? – alors qu’à Rangoon il fait « frais » – selon les habitants – comprendre donc une moyenne de 25 degrés. Continuer la lecture de La vie d’expatrié: Pékin vs Rangoon

De A Touch of Sin à Black Coal, le film noir chinois a la cote

Le film noir Made in China a la cote. Après la Corée du Sud il y a quelques années, la Chine nous a récemment servi plusieurs films noirs dignes d’intérêt. Alors que A Touch of Sin du réalisateur chinois Jia Zhang-ke vient de sortir en DVD début juin 2014, Black Coalréalisé par Diao Yinan, sortait sur les écrans français dans la foulée. Retour sur un genre nouveau en Chine.

A Touch of Sin dépeint quatre histoires distinctes – toutes tirées d’histoires vraies – se déroulant en Chine et se terminant toutes tragiquement ou violemment. Chaque fois le personnage principal de l’histoire, tel dans les films de wuxia chinois, se retrouve seul face à une situation injuste et la solution passe par la vengeance. Continuer la lecture de De A Touch of Sin à Black Coal, le film noir chinois a la cote

Comment Yukong déplaça les montagnes, une aventure unique au coeur de la Chine de la Révolution culturelle

Le 3 juin 2014 est sorti en DVD chez Arte la gigantesque fresque de plus de 13 heures de films Comment Yukong déplaça les montagnes, une aventure unique au cœur de la Chine de la Révolution culturelle, filmée par Joris Ivens et Marceline Loridan. Joris Ivens est sans conteste l’un des plus grands documentaristes. Il est connu pour son soutien aux peuples en lutte: il est le premier réalisateur étranger à travailler en Union Soviétique en 1932 – se liant par la même occasion d’amitié avec Sergueï Eisenstein et Poudovkine. Par la suite il tourne Indonesia Calling, consacré à la grève des dockers et des marins australiens militant contre la colonisation de l’Indonésie, ce qui lui valut d’être déchu pour des années de sa nationalité hollandaise. Il parcourt ensuite le monde, en particulier le Vietnam, le Mali et bien sûr la Chine dans les années 1970. Retour sur la genèse du projet. Continuer la lecture de Comment Yukong déplaça les montagnes, une aventure unique au coeur de la Chine de la Révolution culturelle

Une histoire birmane

Départ depuis l’aéroport de Pékin, direction Yangon. Sur la piste, au milieu des énormes avions, se démarquent deux avions de plus petite taille. Je regarde par le hublot. Le premier abroge fièrement à l’arrière le drapeau nord-coréen. C’est un avion de la compagnie Air Koryo, la seule, avec Air China, à se rendre sur Pyongyang. Le deuxième affiche à l’arrière de l’appareil, écrit en grosses lettres, le nom de Jackie. Autrement dit, le jet privé Jackie Chan. Mon avion est plus classique: un Boeing 737. Arrivé à Yangon. A côté de l’immense aéroport de Pékin, celui de Yangon apparaît tout petit. A l’aéroport, je vois ces énormes publicités pour Red Bull, Coca-Cola et … Mastercard ! Pas exactement ce à quoi je m’attendais, surtout lorsqu’on sait que le Routard annonce qu’il est difficle de trouver des distributeurs de billets. Continuer la lecture de Une histoire birmane

« – Je pars pour le Myanmar » « – Le Myan’quoi ? »

Lorsque j’ai annoncé à mon entourage que je partais pour le Myanmar, les réactions ont été diverses et variées. Mais celle qui prédomine reste tout de même: « Le Myan’quoi ? ». Lorsque je répond « Le Myanmar, la Birmanie quoi » les réactions sont encore plus diverses et variées. En fait le nom Myanmar est le nom officiel du pays, depuis que la junte militaire l’ai changé en 1989, et a été adopté par l’ONU, mais l’ancien nom, Birmanie, est toujours utilisé par les pays qui ne reconnaissent pas le gouvernement de 1989. Dont la France. En plus je quitte la France en pleine polémique Pékin Express, justement tourné au Myanmar. Peu importe, ma décision est prise, je pars. Continuer la lecture de « – Je pars pour le Myanmar » « – Le Myan’quoi ? »

Chroniques pékinoises : Pékin Autrement

Que faire à Pékin lorsqu’on a déjà plus que fait le tour des classiques cité interdite, grande muraille et autres ? Se balader, chiner – le verbe est approprié – sans but précis. Le mieux, se perdre dans les hutongs, ces étroites ruelles typiquement pékinoises où se côtoient parfois de petits restaurants de raviolis, des vendeurs de brochettes de mouton venus du Xinjiang et les derniers bars à la mode où l’on trouve toutes les marques de bières belges possibles et imaginables. J’ai également pu y déguster quelques vers à soie ou encore des reins de mouton. La vie grouille dans ces hutongs comme dans une fourmilière. Continuer la lecture de Chroniques pékinoises : Pékin Autrement

Dandong, à la frontière nord-coréenne (2/2)

Suite de Dandong, à la frontière nord-coréenne (1/2)

Dandong n’est pas uniquement connu pour sa proximité géographique avec la Corée, mais également pour abriter la partie la plus orientale de la Grande muraille de Chine (la partie la plus occidentale se situant dans la province du Gansu). Le long de la route qui y mène se situe à moins de cinq mètres de la frontière avec la Corée, des barbelés sont étendus tout le long du fleuve afin de dissuader les éventuels passages. La montée est assez laborieuse mais une fois en son point le plus haut, le point de vue est assez saisissant. Devant nous s’offre un paysage unique: à notre gauche la Chine, à notre droite la Corée du Nord. La différence est assez flagrante entre les deux. Continuer la lecture de Dandong, à la frontière nord-coréenne (2/2)

Faire ses visas, c’est déjà partir

Paris – Mercredi 09 avril 2014 – 14h00

Je marche au milieu des internminables couloirs qui mènent au métro, des cartons sont posés à même le sol, vestiges des nuits passées. Je prend la ligne 2, direction l’ambassade de Myanmar où j’ai déposé mon passeport quelques jours auparavant. Le métro avance, les portes du wagon s’ouvrent alors que nous ne sommes pas encore complètement arrêté. Certains descendent le « train » encore en marche. Cela me rappelle l’Inde. L’odeur d’urine du couloir me rappelle que nous sommes bien à Paris. Continuer la lecture de Faire ses visas, c’est déjà partir