À la découverte des cinémas de Rangoon

Les cinémas de Rangoon sont à l’image des autres bâtiments de la ville : on trouve aussi bien des multiplexes fraîchement sortis de terre que d’anciens bâtiments de l’époque britannique. Malheureusement, il est souvent moins cher de raser pour reconstruire et nombre de ces anciennes bâtisses pourtant pleines de charmes sont laissées à l’abandon ou vouées à être détruites au profit de tours bétonnées sans âmes et sans histoires. Le magazine de cinéma Bande à Part a publié ce mois mes photos des cinémas de Rangoon. L’occasion de revenir un peu sur les cinémas de Rangoon et le cinéma en Birmanie. Continuer la lecture de À la découverte des cinémas de Rangoon

Bagan, la vallée aux 2000 temples

Lorsqu’on passe son temps à Rangoon – surtout en pleine saison des pluies – on essaie de sortir de la ville lorsqu’on a quelques jours de libre. Pour aller où,  telle est la question. Mandalay, à l’heure où j’écris ces lignes, est toujours soumis au couvre-feu (à l’heure où cet article est publié le couvre-feu a été levé) . Le lac Inle n’est pas toujours la meilleure option durant la saison des pluies. C’est donc pragmatiquement que j’ai opté pour Bagan. Pour s’y rendre, deux options sont en général privilégiées: le bus ou l’avion. J’ai pris le bus de nuit avec la compagnie JJ Express. Cela vous coûtera environ 20 dollars pour une dizaine d’heures de route. Le bus est étonnamment confortable, les sièges sont inclinables et il y a plus de place pour les pieds qu’en avion. Bonus, une hôtesse passe pour vous délivrer quelques snacks. Continuer la lecture de Bagan, la vallée aux 2000 temples

« L’interview de Damien, en Birmanie »

Damien, 25 ans, étudiant en management international est parti faire un stage en Birmanie. Il nous raconte son expérience de vie à Rangoon.

Extraits choisis:

Comment se sont passées les premières semaines sur place ? Je suis arrivé en plein durant le mois le plus chaud, avec plus de 40 degrés, et j’ai mis quelque temps à m’habituer à la chaleur. Surtout que lors des grosses chaleurs, il y a de nombreuses coupures de courant. On se retrouve alors sans air conditionné et sans accès possible aux serveurs au bureau donc il faut prendre son mal en patience. Continuer la lecture de « L’interview de Damien, en Birmanie »

Le rapport de force entre Hollywood et la Chine

Si au milieu des années 1950, le réalisateur français Chris Marker se faisait appeler oncle soviétique lors de ses visites en Chine, il suffit de se promener aujourd’hui à Pékin pour remarquer que désormais on se fait plutôt interpeller par des meiguoren – américain, en chinois – ce qui nous démontre bien que l’influence est belle est bien passée du côté des États-Unis. Et ceci fonctionne également pour le cinéma. Actuellement en Chine, en parts de marché réelles, le cinéma américain représente 40 à 45%, la Chine 50% et le reste du monde se partage entre 5 et 10%.

La Chine dispose d’un quota draconien de trente-quatre films étrangers autorisés à la distribution sur son territoire – dont 14 en Imax 3D (quota qui sera renégocié en 2017). Continuer la lecture de Le rapport de force entre Hollywood et la Chine

Marketing: la stratégie d’Ooredoo en Birmanie

Ooredoo en Birmanie

Depuis deux ans, le coût des communications a été divisé par dix en Birmanie. Néanmoins, début 2014 acquérir une carte SIM vous coûtait toujours aux alentours de 100 dollars (ce qui était toujours 10 fois moins cher que sous la junte militaire y a quelques années). Mais récemment deux entreprises de télécommunications se sont installées sur le territoire birman, l’entreprise qatarie Ooredoo et les norvégiens de Telenor, avec comme but de proposer des cartes SIM à 1500 kyats, soit moins de 2 dollars. Le 2 août Ooredoo a officiellement lancé ses cartes SIM à la vente.

Ce lancement ne s’est pas fait sans quelques remous. Dans un pays où les rivalités religieuses sont encore légion, l’installation d’une entreprise venue du Qatar n’est pas passée inaperçue. Continuer la lecture de Marketing: la stratégie d’Ooredoo en Birmanie

La vie d’expatrié: Pékin vs Rangoon

Certes Pékin et Rangoon sont toutes les deux situées en Asie, pour autant la vie y est relativement différente. Rien qu’au nombre d’habitants: Pékin compte environ 20 millions d’âmes, là où Rangoon n’en compte « que » 4,5 millions. La vie quotidienne à Pékin sans parler chinois est un vrai casse-tête (chinois), alors qu’en Birmanie tout le monde baragouine un anglais plus ou moins bon selon les cas. Vous l’aurez compris, être expatrié en Birmanie ou expatrié à Pékin ce n’est pas exactement la même chose. Bref comparatif de la vie en tant qu’étranger dans ces deux villes:

Le climat

Que ce soit dit, le climat à Pékin et à Rangoon n’est en rien comparable. L’hiver à Pékin est rude et froid – qui a dit comme ses habitants ? – alors qu’à Rangoon il fait « frais » – selon les habitants – comprendre donc une moyenne de 25 degrés. Continuer la lecture de La vie d’expatrié: Pékin vs Rangoon

De A Touch of Sin à Black Coal, le film noir chinois a la cote

Le film noir Made in China a la cote. Après la Corée du Sud il y a quelques années, la Chine nous a récemment servi plusieurs films noirs dignes d’intérêt. Alors que A Touch of Sin du réalisateur chinois Jia Zhang-ke vient de sortir en DVD début juin 2014, Black Coalréalisé par Diao Yinan, sortait sur les écrans français dans la foulée. Retour sur un genre nouveau en Chine.

A Touch of Sin dépeint quatre histoires distinctes – toutes tirées d’histoires vraies – se déroulant en Chine et se terminant toutes tragiquement ou violemment. Chaque fois le personnage principal de l’histoire, tel dans les films de wuxia chinois, se retrouve seul face à une situation injuste et la solution passe par la vengeance. Continuer la lecture de De A Touch of Sin à Black Coal, le film noir chinois a la cote

Comment Yukong déplaça les montagnes, une aventure unique au coeur de la Chine de la Révolution culturelle

Le 3 juin 2014 est sorti en DVD chez Arte la gigantesque fresque de plus de 13 heures de films Comment Yukong déplaça les montagnes, une aventure unique au cœur de la Chine de la Révolution culturelle, filmée par Joris Ivens et Marceline Loridan. Joris Ivens est sans conteste l’un des plus grands documentaristes. Il est connu pour son soutien aux peuples en lutte: il est le premier réalisateur étranger à travailler en Union Soviétique en 1932 – se liant par la même occasion d’amitié avec Sergueï Eisenstein et Poudovkine. Par la suite il tourne Indonesia Calling, consacré à la grève des dockers et des marins australiens militant contre la colonisation de l’Indonésie, ce qui lui valut d’être déchu pour des années de sa nationalité hollandaise. Il parcourt ensuite le monde, en particulier le Vietnam, le Mali et bien sûr la Chine dans les années 1970. Retour sur la genèse du projet. Continuer la lecture de Comment Yukong déplaça les montagnes, une aventure unique au coeur de la Chine de la Révolution culturelle

Une histoire birmane

Départ depuis l’aéroport de Pékin, direction Yangon. Sur la piste, au milieu des énormes avions, se démarquent deux avions de plus petite taille. Je regarde par le hublot. Le premier abroge fièrement à l’arrière le drapeau nord-coréen. C’est un avion de la compagnie Air Koryo, la seule, avec Air China, à se rendre sur Pyongyang. Le deuxième affiche à l’arrière de l’appareil, écrit en grosses lettres, le nom de Jackie. Autrement dit, le jet privé Jackie Chan. Mon avion est plus classique: un Boeing 737. Arrivé à Yangon. À côté de l’immense aéroport de Pékin, celui de Yangon apparaît tout petit. A l’aéroport, je vois ces énormes publicités pour Red Bull, Coca-Cola et … Mastercard ! Pas exactement ce à quoi je m’attendais, surtout lorsqu’on sait que le Routard annonce qu’il est difficile de trouver des distributeurs de billets. Continuer la lecture de Une histoire birmane

« – Je pars pour le Myanmar » « – Le Myan’quoi ? »

Lorsque j’ai annoncé à mon entourage que je partais pour le Myanmar, les réactions ont été diverses et variées. Mais celle qui prédomine reste tout de même: « Le Myan’quoi ? ». Lorsque je réponds « Le Myanmar, la Birmanie quoi » les réactions sont encore plus diverses et variées. En fait le nom Myanmar est le nom officiel du pays, depuis que la junte militaire l’ai changé en 1989, et a été adopté par l’ONU, mais l’ancien nom, Birmanie, est toujours utilisé par les pays qui ne reconnaissent pas le gouvernement de 1989. Dont la France. En plus je quitte la France en pleine polémique Pékin Express, justement tourné au Myanmar. Peu importe, ma décision est prise, je pars. Continuer la lecture de « – Je pars pour le Myanmar » « – Le Myan’quoi ? »

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