festival de cannes 2016

L’Asie au Festival de Cannes 2016

C’est reparti pour le Festival de Cannes qui cette année se tient du 11 au 22 mai. Plus de 1869 longs-métrages ont été visionnés, 49 retenus, issus de 28 pays différents. L’Asie est plutôt bien représentée avec des films coréens, japonais, philippins, iraniens, singapouriens, cambodgiens et même russes. En revanche l’absence de la Chine est à remarquer. À noter que cette année Naomi Kawase, qui présentait An au Festival l’an passé, est à la tête du Jury de la Cinéfondation et des Courts métrages.

En compétition

La sélection rassemble en général un vingtaine de longs-métrages, c’est la section la plus réputée et la plus médiatisée, composée de cinéastes expérimentés. 

Corée du Sud

  • Mademoiselle de Park Chan-wook

C’est évidemment un des films les plus attendus. Durant la colonisation japonaise des années 1930, une jeune femme se fait engager en tant que servante d’une riche japonaise, Hideiko. Mais cette servante a en fait d’autres intentions pour Hideiko… Inspiré du roman Du bout des doigts de Sarah Waters, ce long-métrage devrait mêler escroquerie, histoire d’amour et saphisme (comprendre une histoire d’amour entre deux femmes). S’éloignant un peu du thème de la vengeance cher à la trilogie du même nom (et dont le summum était l’excellent Old Boy), ce film devrait plutôt se rapprocher de Stoker et Thirst qui exploraient l’érotisme, la tension sexuelle et la tentation. Sortie prévue le 5 octobre 2016 en France.

Philippines

  • Ma’ Rosa de Brillante Mendoza

Déjà présent à Cannes à quatre reprise par le passé, dont l’an dernier avec son long-métrage Taklub, Brillante Mendoza revient cette année avec Ma’ Rosa. Le film raconte l’histoire de Rosa et Nestor qui tiennent une petite épicerie dans un quartier pauvre de Manille. Pour joindre les deux bouts ils revendent des narcotiques. Une nuit, la police vient les arrêter… Les premières images laissent entrevoir un film sombre. Sortie prévue en France pour le 9 novembre 2016. Pour voir la bande-annonce, c’est ici.

Iran

  • Le Client de Asghar Farhadi

L’auteur de À propos d’Elly revient avec Le Client. Contraints de quitter leur appartement du centre de Téhéran en raison d’importants travaux menaçant leur immeuble, Emad et Rana emménagent dans un nouveau logement. Un incident en rapport avec l’ancienne locataire va bouleverser la vie du jeune couple. Sortie prévue en France le 2 novembre 2016. Pour la bande-annonce, c’est ici.

Un certain regard

Un certain regard met en perspective un cinéma plus original et audacieux que celui de la sélection officielle, et récompense des cinéastes encore peu connus.

Iran

  • Varoonegi (Inversion) de Benham Behzadi

À Téhéran, Niloofar, 35 ans vit seule avec sa mère. Pour protéger celle-ci de la pollution de l’air de Téhéran, la famille décide unilatéralement que Niloofar devra déménager et vivre avec sa mère à la campagne. Alors qu’elle s’est toujours pliée aux exigences des autres, cette fois elle leur tiendra tête. Pour la bande-annonce, c’est ici.

Singapour

  • Apprentice de Boo Junfeng

Aiman officie dans une prison de haute sécurité. Rahim, le bourreau en chef, y accompagne les derniers jours des condamnés. Il prend le jeune gardien sous son aile et lui apprend les ficelles du métier. Aiman s’avère être un exécutant très appliqué, mais sa conscience et ses véritables motivations le rattrapent peu à peu… Sortie prévue en France le 1er juin 2016.

Japon

  • Harmonium de Kôji Fukada

Première arrivée en sélection pour ce réalisateur, Kôji Fukada nous raconte ici l’histoire de Toshio et de sa famille. Un matin, un ancien ami de Toshio se présente à son atelier, après une décennie en prison. A la surprise de sa femme, Toshio lui offre emploi et logis. Peu à peu, ce dernier s’immisce dans la vie familiale… Un film sur le thème du non-dit et du refoulement. Pour la bande-annonce, c’est ici.

  •  Après la tempête de Hirokazu Kore-Eda

Après Notre petite soeur l’an passé, Kore-Eda revient à Cannes pour Après la tempête. Malgré un début de carrière d’écrivain prometteur, Ryota accumule les désillusions. Divorcé de Kyoko, il gaspille le peu d’argent que lui rapporte son travail de détective privé en jouant aux courses, jusqu’à ne plus pouvoir payer la pension alimentaire de son fils de 11 ans, Shingo. A présent, Ryota tente de regagner la confiance des siens et de se faire une place dans la vie de son fils. Cela semble bien mal parti jusqu’au jour où un typhon contraint toute la famille à passer une nuit ensemble… Pour la bande-annonce c’est ici.

Russie

  • Le disciple de Kirill Serebrennikov

Serebrennikov est un metteur en scène de théâtre renommé. Ici il nous raconte l’histoire de Veniamin, un adolescent, qui boulverse sa mère et son lycée tout entier par sa lecture assidue de la Bible et des questions qui en découlent: les filles peuvent-elles aller en bikini au cours de natation ? Les cours d’éducation sexuelle ont-ils leurs place dans un établissement scolaire ? Sortie le 2 novembre 2016 en France. Pour la bande-annonce, c’est ici.

* On peut également citer La Tortue Rouge, long-métrage d’animation réalisé par le néerlandais Michael Dudok de Wit en  coproduction avec Wild Bunch, Why Not Productions et surtout avec le studio japonais Ghibli et son directeur artistique Isao Takahata (qu’on retrouvait dans Le Tombeau des Lucioles). Bande-annonce ici.

Hors-compétition – Séances de minuit

Sont présentés hors-compétition des longs métrages, souvent grand publics et à gros budget (du type Le Bon Gros Géant de Steven Spielberg).

Corée du Sud

  • The Strangers de Hong-jin Na

Dire que le nouveau Hong-jin Na est attendu est un euphémisme. Le réalisateur avait prouvé tout son talent avec  ses précédents opus, The Chaser et The Murderer et celui-ci s’annonce à la hauteur de ses prédécesseurs. The Strangers raconte la vie dans un petit village coréen dont le cours se voit bouleversé par une série de meurtres, sauvages et inexpliqués. Un vieil ermite attire les suspicions et un policier commence à croire à des causes surnaturelles… Sortie prévue en France pour le 6 juillet 2016.

  • Train to Busan de Sang-ho Yeon

Un virus inconnu se répand en Corée du Sud et l’état d’urgence est décrété. Les passagers du train KTX se livrent à une lutte sans merci afin de survivre jusqu’à Busan, l’unique ville où ils seront en sécurité… Le film, un quasi huis clos, a fait beaucoup parlé de lui sur la Croisette. Train to Busan s’annonce comme un mix entre le commentaire politique, le gros film catastrophe et le film de zombie. 

Séances spéciales

Cambodge

  • Exil de Rithy Panh

Rithy Panh est un rescapé des camps de travail des khmers rouges qui a ensuite rejoint un camp en Thaïlande avant d’arriver en France en 1980. Exil est une méditation sur l’absence, sur la solitude intérieure, géographique et politique. L’exil est une rupture, un bannissement et une renaissance. C’est une force et une douleur L’exilé est de nulle part et de partout. Pour voir la bande-annonce c’est ici.

La quinzaine des réalisateurs 

Section parallèle du Festival de Cannes créée après mai 68, la Quinzaine des Réalisateurs a pour objectif de découvrir les films de jeunes auteurs et de saluer les oeuvres de réalisateurs reconnus.

Afghanistan

  • Wolf and Sheep de Shahrbanoo Sadat

Premier film afghan présenté à Cannes, le film dépeint la vie dans les montagnes afghanes. Croyances et traditions ont une place forte dans la vie des habitants et la séparation entre les garçons et les filles est un règle. Mais un jour la jeune Sediqa, 11 ans, réputée maudite, rencontre Qodrat, 11 ans lui aussi… Pour la bande-annonce, c’est ici.

Inde

  • Raman Raghav 2.0 de Anurag Kashyap

Ce n’est pas une surprise, mais c’est un réel plaisir, que de retrouver Anurag Kashyap à la Quinzaine des Réalisateurs, puisque ses deux précédents films Gangs of Wasseypur et Ugly y figuraient déjà. Certainement l’un des cinéastes les plus influents de ces derniers temps, le réalisateur indien s’est cette fois inspiré de l’histoire sanglante du tueur en série Raman Raghav. L’histoire se passe à Mumbai et raconte la traque entre un policier et ce tueur en série… à moins que ce ne soit l’inverse. La bande annonce est en tout cas prometteuse (n’oubliez pas d’activer les sous-titres anglais !).

La Semaine de la critique

La Semaine de la critique se consacre à la découverte des jeunes talents.

Cambodge

  • Diamond Island de Davy Chou

Le réalisateur franco-cambodgien avait réalisé il y a quatre ans l’excellent documentaire Le sommeil d’or sur le cinéma cambodgien des années 1960-1970, anéanti par le régime des khmers rouges. Diamond Island est le premier long-métrage de fiction de Davy Chou.  Diamond Island fait ici référence à un lieu, une presqu’île de Phnom Penh aménagée pour les riches à la force du travail d’ouvriers. Les spectateurs en sont apparemment ressortis enchantés. Pour voir les premiers extraits, c’est par ici.

Singapour

  • L’oiseau d’or de K. Rajagopal

Après des années passées en prison pour contrebande, Siva, un Indien de Singapour est libéré. Dans l’incapacité d’obtenir le pardon de sa mère et rejeté par ses proches il part à la recherche de sa femme et sa fille. Alors qu’il trouve le réconfort auprès d’une jeune prostituée chinoise il réalise que sa famille lui a caché un terrible secret. 

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