cannes 2018

L’Asie au Festival de Cannes 2018

C’est reparti pour le Festival de Cannes qui cette année se tient du 8 au 19 mai 2018. En tout, 1906 longs métrages ont été visionnés par les différents comités de sélection. L’acteur taïwanais Chang Chen, connu pour avoir tourné pour Ang Lee, Hou Hsiao-hsien ou encore Wong Kar-wai, fait partie du jury. Cette année, Netflix ne sera pas présent au festival après la polémique de l’an dernier autour du film Okja. Désormais le Festival interdit à tout film sans distribution en salles en France d’être en compétition.

En compétition

La sélection rassemble en général une vingtaine de longs-métrages, c’est la section la plus réputée et la plus médiatisée, composée de cinéastes expérimentés.

Corée du Sud

  • Burning de Lee Chang-dong

C’est le retour de Lee Chang-dong, huit ans après son film Poetry. Le film est adapté de la nouvelle Les Granges Brûlées (Barn Burning) de Haruki Murakami. La nouvelle avait été publié pour la première fois dans The New Yorker en 1992 puis repris en France quelques années plus tard dans le recueil L’éléphant s’évapore. Sortie prévue en France pour le 29 août 2018. 

Japon

  • Une affaire de famille de Kore-eda Hirokazu Palme d’or

C’est le septième film que Kore-eda Hirokazu présente au festival (le dernier en date ayant été présenté à Cannes était Après la tempête en 2016). Le film raconte l’histoire d’une famille, de retour d’une expédition de vol à l’étalage et qui rencontre une petite fille livrée à elle-même. Ils décident de l’abriter lorsque le père comprend qu’elle est maltraitée. Premier trailer ici.

  • Asako de Hamaguchi Ryûsuke

Après les cinéastes expérimentés que sont Kore-eda Hirokazu et Lee Chang-dong, on retrouve la première sélection cannoise de Hamaguchi Ryûsuke: Asako. Le réalisateur s’est fait remarquer avec la sortie de Senses au cinéma début mai 2018,  vendu comme « la première série au cinéma ». Il s’agit en fait d’un film de plus de 5 heures, découpé en trois actes et diffusé le 2, 9 et 16 mai 2018. Asako, quant à lui, raconte l’histoire d’une jeune femme ayant perdu son premier amour et qui rencontre son sosie. Mais sa personnalité est bien différente. Trailer ici.

Chine

  • Les Eternels (Ash Is Purest White) de Jia Zhangke

C’est aussi le retour (attendu pour ma part) du réalisateur chinois Jia Zhangke, après A Touch of Sin et Au-delà des montagnes. Cette année il présente Les Eternels, l’histoire de Qiao, une jeune danseuse, qui est amoureuse de Bin, un gangster local. L’histoire se passe à Datong (pas étonnant puisque Jia Zhangke est originaire de la province du Shanxi) et Zhao Tao, l’épouse de Jia Zhangke, joue le rôle de Qiao. Il s’agit ainsi de leur huitième collaboration. Sortie prévue le 26 décembre 2018.

Iran

  • Everybody Knows de Asghar Farhadi

Asghar Farhadi également est de retour. Après À propos d’EllyUne Séparation et Le Client, il présente cette année en ouverture du Festival de Cannes son film Everybody Knows avec Javier Bardem et Pénélope Cruz. Le film raconte l’histoire d’une femme qui, retournant dans son village natal, retrouve son ex-petit ami.  Sortie en France le 9 mai 2018. Bande-annonce ici.

  • Trois visages de Jafar Panahi Prix du scénario (ex-aequo)

Jafar Panahi avait été condamné en 2010 à Téhéran à l’interdiction de tourner en Iran. Sa venue à Cannes est ainsi compromise, même si le Festival a confirmé avoir envoyé une demande à l’Iran afin de lui permettre de venir à Cannes. Si vous avez l’occasion de voir son précédent film, Taxi Téhéran, foncez. Trois visages raconte l’histoire d’une actrice iranienne qui reçoit la vidéo d’une jeune fille l’implorant de l’aider à s’échapper de sa famille conservatrice. Elle demande alors à son ami – le réalisateur Jafar Panahi – de l’aider à comprendre s’il s’agit d’un piège. Sortie le 6 juin 2018.

Kazakhstan

  • Ayka de Sergey Dvortsevoy Prix d’interprétation féminine

Ayka vient d’accoucher.  Elle ne peut pas se permettre d’avoir un enfant. Elle n’a pas de travail, trop de dettes à rembourser, même pas une chambre à elle. Mais c’est compter sans la nature, qui reprendra ses droits. Sergey Dvortsevoy était vainqueur du prix Un Certain Regard en 2008 avec Tulpan. Bande-annonce ici.

Russie

  • L’été de Kirill Serebrennikov

Le metteur en scène russe Kirill Serebrennikov n’a pas pu assister au Festival, puisqu’il est assigné à résidence en Russie. Le film raconte un été dans les années 1980 à Leningrad: la scène rock est en pleine ébullition. Viktor Tsoï, un jeune musicien nourri comme tant d’autres aux sons de Led Zeppelin et David Bowie, cherche à se faire un nom. La rencontre avec son idole Mike va changer son destin. Sortie le 5 décembre 2018.

* À noter aussi la Mention spéciale du Jury pour le court métrage On the border du chinois Wei Shujun et le Deuxième prix de la Cinéfondation (ex-aequo)  pour Dong wu xiong meng de Shen Di.

Un certain regard

Un certain regard met en perspective un cinéma plus original et audacieux que celui de la sélection officielle, et récompense des cinéastes encore peu connus.

Iran

  • Border de Ali Abbasi Prix un certain regard

Ali Abbasi est un cinéaste danois d’origine iranienne et il présente à Cannes Gräns (Border en anglais). Un garde-frontière au flair infaillible pour identifier les contrebandiers se retrouve face à une personne qu’il est bien en mal de désigner comme coupable ou non. Trailer ici.

Chine

  • Un grand voyage vers la nuit de Bi Gan

Le réalisateur révélé avec le superbe Kaili Blues revient cette année avec Un grand voyage vers la nuit. Le film raconte l’histoire de Luo Hongwu revenant à Kaili, sa ville natale, après s’être enfui il y a de nombreuses années. Il se met à la recherche d’une énigmatique jeune femme. Sortie prévue le 22 août 2018.

Kazakhstan

  • La tendre indifférence du monde de Adilkhan Yerzhanov

À la mort de son père, la belle Saltanat est contrainte de quitter la vie tranquille de son petit village pour la grande ville où elle est promise à un riche mariage. Criblée de dettes, sa mère attend son aide en prison. Son ami d’enfance, le loyal Kuandyk, l’accompagne et veille amoureusement. Trailer ici.

Inde

  • Manto de Nandita Das

La réalisatrice indienne Nandita Das présente son biopic Manto. En 1948 à Bombay, le célèbre écrivain Saadat Hasan Manto scandalise par ses écrits engagés. La déflagration de la Partition le contraint à quitter Bombay pour Lahore au Pakistan. Ses convictions pour la liberté d’expression et son inlassable passion pour les laissés-pour-compte finissent de faire de cet exil un drame et de donner toute sa puissance à l’écriture de Manto. Trailer ici.

Hors compétition

Hors-compétition – Séances de minuit

Sont présentés hors-compétition des longs métrages, souvent grand public et à gros budget.

Corée du Sud

  • The Spy Gone North de Yoon Jong-bin

C’est dans un contexte où l’actualité nord-coréenne est plutôt riche que le réalisateur de Nameless Gangster revient avec The Spy Gone North. Le film raconte l’histoire d’un membre des services secrets sud-coréens s’infiltrant dans les installations nucléaires nord-coréennes en se faisant passer pour un homme d’affaires.

Séances spéciales

Chine

  • Les âmes mortes de Wang Bing

Wang Bing est connu pour ses documentaires fleuves dénonçant les travers de la Chine (Le Fossé, À la folie, Les Trois Soeurs du Yunnan, Ta’ang un peuple en exil entre Chine et Birmanie ou encore À l’Ouest des Rails). Son nouveau documentaire, Les âmes mortes, va à la rencontre des survivants des camps de travaux forcés et de rééducation de Jiabiangou et Mingshui, dans la province du Gansu et le désert de Gobi. Ces camps étaient utilisés pendant le mouvement anti-droitier de 1957 à 1961. À Jiabiangou par exemple, on estime que 2500 prisonniers sont morts, principalement de famine. Sortie prévue le 24 octobre 2018 en France. Trailer ici.

Thaïlande

  • Dix ans en Thaïlande de Aditya Assarat, Wisit Sasanatieng, Chulayarnon Sriphol et Apichatpong Weerasethakul

Dix ans en Thaïlande invite quatre réalisateurs thaïlandais à imaginer leur pays dans dix ans. Chacun contribue à un épisode qui, pris ensemble, sonnent un avertissement sur la situation politique actuelle en Thaïlande. Depuis 2014, le pays est gouverné par une dictature militaire qui a freiné la dissidence, l’expression publique, et la diversité de pensée.

La quinzaine des réalisateurs 

Section parallèle du Festival de Cannes créée après mai 68, la Quinzaine des Réalisateurs a pour objectif de découvrir les films de jeunes auteurs et de saluer les oeuvres de réalisateurs reconnus.

Chine

  • The Pluto Moment de Ming Zhang

Ming Zhang, professeur au département réalisation de la Beijing Film Academy présente son dernier film. L’histoire: réalisateur et homme marié, Zhun Wang voyage depuis Shanghai vers les montagnes de l’Ouest dans le cadre de la pré-production de son prochain film. Accompagné de son équipe, il a pour objectif de filmer des chants folkloriques. Il tombe amoureux de sa camérawoman et plonge en dépression. Bande-annonce ici.

Japon

  • Mirai ma petite soeur de Hosoda Mamoru

Kun est un petit garçon à l’enfance heureuse jusqu’à l’arrivée de sa petite sœur. Jaloux de ce bébé qui monopolise l’attention de ses parents, il se replie peu à peu sur lui-même. Au fond de son jardin, où il se réfugie souvent, se trouve un arbre généalo-magique. Soudain, Kun est propulsé dans un monde fantastique où vont se mêler passé et futur.

La Semaine de la critique

La Semaine de la critique se consacre à la découverte des jeunes talents.

Inde

  • Monsieur de Rohena Gera

Ratna est domestique chez Ashwin, le fils d’une riche famille de Bombay. En apparence la vie du jeune homme semble parfaite, pourtant il est perdu. Elle, elle n’a rien, mais ses espoirs et sa détermination la guident obstinément. Deux mondes que tout oppose vont cohabiter, se découvrir. Sortie prévue en décembre 2018. Bande-annonce ici.

 

*Jessica Chastain a profité du Festival pour annoncer son prochain film, 355, un film d’espionnage avec Marion Cotillard, Pénélope Cruz, Lupita Nyong’o et Fan Bingbing.

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