À la découverte des cinémas de Rangoon

Les cinémas de Rangoon sont à l’image des autres bâtiments de la ville : on trouve aussi bien des multiplexes fraîchement sortis de terre que d’anciens bâtiments de l’époque britannique. Malheureusement, il est souvent moins cher de raser pour reconstruire et nombre de ces anciennes bâtisses pourtant pleines de charmes sont laissées à l’abandon ou vouées à être détruites au profit de tours bétonnées sans âmes et sans histoires. Le magazine de cinéma Bande à Part a publié ce mois mes photos des cinémas de Rangoon. L’occasion de revenir un peu sur les cinémas de Rangoon et le cinéma en Birmanie.

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Les cinémas projettent la plupart des derniers blockbusters américains. Mais c’est plutôt récent puisque Titanic 3D fut le premier film hollywoodien a être diffusé en Birmanie depuis plusieurs dizaines d’années, et ce en août 2012. On y trouve aussi quelques films chinois et birmans, le tout non sous-titré. Je me rend au cinéma Naypyitaw, au centre de Rangoon, entre l’hôtel Shangri-La et la pagode Sule. Mon choix se porte sur le dernier Luc Besson, Lucy. Une fois le choix du film effectué, trois gammes de prix s’offrent à moi: la moins chère située au bas de la salle, la deuxième située au niveau du balcon, et la plus chère tout en haut dans un coin avec une vue imprenable sur la salle mais pas nécessairement sur le film… mais qu’importe puisque ce sont des sièges pour deux personnes pris d’assaut par les couples.

Si en France les gens ont l’habitude de manger du pop-corn, ici ce sont plutôt les graines de tournesols qui font l’unanimité. Et ces dernières, évidemment, jonchent le sol une fois le film terminé. Avant le film, voici venu le sempiternel temps des bandes-annonces et publicités. Si au niveau des bandes-annonces on va de blockbusters en blockbusters, au niveau des publicités pour moi on va plutôt de surprise en surprise. Il y a bien dû y avoir quatre ou cinq publicités d’affilées, toutes vantant les mérites de tel ou tel médicament. Et bien sûr avant que le film ne commence, vous n’y échapperez pas, le drapeau du pays s’affiche sur l’écran et obligation de se lever pour l’hymne nationale.

Un mot sur le film en lui-même. Lucy est un hybride entre Léon et 2001 : L’odyssée de l’espace. Sauf que Besson est beaucoup plus doué pour le premier que pour le deuxième. J’ai aimé le côté visuel du film. Mais il y a quelques passages vides, comme la conversation téléphonique avec sa mère à l’hôpital, ou les passages avec Morgan Freeman qui honnêtement n’apporte pas grand chose ici. Scarlett Johannsen n’est pas mauvaise, même si j’ai pris plus de plaisir à la découvrir dans Under the Skin. L’idée de départ du film n’est pas mauvaise non plus, mais il y a pas mal d’incohérences dans le scénario. Mais une fois de plus j’ai apprécié le côté visuel du film. Mais la fin part tellement loin que je m’y suis perdu, et ca laisse un goût amer sur tout le film. N’est pas Stanley Kubrick qui veut.

Sinon c’est toujours un plaisir que de voir Taipei sur grand écran. Et à ce propos, il paraît que Martin Scorsese himself est en train de tourner à Taïwan pour son prochain film, Silence. Certains spectateurs asiatiques ont attaqué le film de Besson en le taxant de raciste. Un peu trop manichéen, dans le genre l’héroïne blanche contre les méchants asiatiques. Une scène en particulier a choquée: lorsque Lucy demande au chauffeur de taxi s’il parle anglais et que ce dernier se voit récompensé d’une balle dans la jambe suite à sa réponse négative. En attendant, Lucy est devenu le deuxième plus gros succès du cinéma français à l’étranger – derrière Le dernier loup.

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