Bagan, la vallée aux 2000 temples

Lorsqu’on passe son temps à Rangoon – surtout en pleine saison des pluies – on essaie de sortir de la ville lorsqu’on a quelques jours de libre. Pour aller où,  telle est la question. Mandalay, à l’heure où j’écris ces lignes, est toujours soumis au couvre-feu (à l’heure où cet article est publié le couvre-feu a été levé) . Le lac Inle n’est pas toujours la meilleure option durant la saison des pluies. C’est donc pragmatiquement que j’ai opté pour Bagan. Pour s’y rendre, deux options sont en général privilégiées: le bus ou l’avion. J’ai pris le bus de nuit avec la compagnie JJ Express. Cela vous coûtera environ 20 dollars pour une dizaine d’heures de route. Le bus est étonnamment confortable, les sièges sont inclinables et il y a plus de place pour les pieds qu’en avion. Bonus, une hôtesse passe pour vous délivrer quelques snacks. J’ai fait le retour en avion, le billet coûte environ 100 dollars pour 1h30 de vol. Les avions sont vraiment petits, ils me rappellent ces avions de Air Koryo que j’ai aperçu sur le tarmac à l’aéroport de Pékin. Mais le vol s’est bien passé, avec quelques snacks également. La sortie des bagages de la soute de l’avion est plus folklorique: l’aéroport domestique n’ayant pas de tapis roulant pour récupérer ses biens, il faut les récupérer directement auprès d’un employé moyennant un peu de tea money.
Bagan est un vaste site archéologique qui s’étale sur presque 50 kilomètres carrés et offre un spectacle unique en son genre: tout autour de vous, à perte de vue, se dressent des temples, pagodes et stupas. Seules quelques routes principales relient les lieux importants entre eux; pour le reste, il s’agit principalement de pistes. Pour visiter Bagan plusieurs options s’offrent à vous: la voiture privée, la carriole à cheval, le vélo ou… le vélo électrique (il est interdit pour les étrangers de conduire une vraie moto). Il est bien sûr hors de question que je prenne une voiture privée. Avoir un chauffeur signifie adieu la liberté. Je me rend à la boutique de vélos électriques, et là, au milieu de ces petits vélos chinois, trône un scooter électrique. Le scooter dispose de trois vitesses, bien mieux que ces petits vélos à vitesse unique. Négociation pour le prix. Adjugé. Je tourne la clé, une voix s’élève du cadran et me remercie en chinois d’utiliser ce scooter. Je me met en route. Quel plaisir que de se perdre au milieu de ces temples, de jouer les aventuriers en grimpant au sommet d’anciennes pagodes, d’emprunter un chemin au hasard, de sentir le vent sur son visage, le vent de la liberté, surtout lorsqu’on croise ces énormes bus remplis de groupe de touristes conduits aveuglement par leur guide. Pour se perdre, nul besoin de guide.
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À quelques 50 kilomètres de Bagan se dresse le Mont Popa. Selon les bouddhistes, le lieu abrite des esprits. Son ascension est une expérience particulière. En bas du mont, prière d’ôter vos souliers: l’ascension des 777 marches qui mènent au sommet se fait pieds nus. Ce qui en soi n’est pas un problème. Sauf que le mont est également le lieu de résidence de plusieurs dizaines de singes et qu’il vous faudra le plus souvent slalomer entre leur urine et leurs déjections si vous souhaitez garder vos pieds plus ou moins intacts. Le tout en évitant de se faire piquer ses affaires. Les singes agrippent vos sacs dans l’espoir de vous en déposséder. Certains ici disent que des marchands du mont auraient appris aux singe à subtiliser leurs biens aux touristes afin de les revendre sur un marché local. Apparemment la même chose se passe à Bali. Sur ce marché, on y trouverait également les articles oubliés par les clients dans certains hôtels. Les birmans se rendraient donc à ce marché dans l’espoir d’y dénicher des articles de marques à prix cassé. Si cela vient d’un étranger, c’est que ce n’est pas de la contrefaçon, se disent-ils. Cela reste à voir.

 

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