« L’interview de Damien, en Birmanie »

Damien, 25 ans, étudiant en management international est parti faire un stage en Birmanie. Il nous raconte son expérience de vie à Rangoon.

Extraits choisis:

Comment se sont passées les premières semaines sur place ? Je suis arrivé en plein durant le mois le plus chaud, avec plus de 40 degrés, et j’ai mis quelques temps à m’habituer à la chaleur. Surtout que lors des grosses chaleurs, il y a de nombreuses coupures de courant. On se retrouve alors sans air conditionné et sans accès possible aux serveurs au bureau donc il faut prendre son mal en patience.

Mais la gentillesse des gens ici aide à surmonter toutes les difficultés.

Les caractéristiques de votre pays d’accueil

La Birmanie ne s’est vraiment ouverte qu’en 2012 et on ne croise pas des expatriés à chaque coin de rue comme à Pékin ou à Bangkok. Le confort n’est pas le même également. Mais il y a une atmosphère ici, on sent qu’un changement est en train de se produire, même si on ne sait pas encore exactement quoi, et c’est une chance de pouvoir en faire partie.

bouddhisme birmanie

La mentalité des locaux

C’est une des richesses du pays. Les habitants sont vraiment accueillants et souriants et c’est un plaisir que de parler avec les gens ici. Ce n’est pas comme dans d’autres pays d’Asie où l’on essaiera de vous arnaquer parce que vous êtes un étranger. Ici tout est beaucoup plus relax et on apprend à sourire, surtout lorsqu’on vient de Chine.

La censure

Oui forcément il y a toujours de la censure. Mais la situation s’est énormément améliorée ces dernières années. On voit des portraits d’Aung San Suu Kyi dans la rue. On peut même accéder à Youtube, Facebook, etc. ce qui n’est pas le cas en Chine. A condition d’avoir une connexion à Internet… Mais certains sujets sont toujours extrêmement tabous, tel que les conditions de vie des musulmans à la frontière avec le Bangladesh par exemple.

Qu’est-ce qui vous dérange le plus dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays ?

Ce n’est pas quelque chose qui me dérange personnellement mais je sais que cela dérange parfois quelques étrangers : les hommes birmans – et particulièrement les chauffeurs de taxis – ont l’habitude de mâcher du bétel toute la journée, ce qui non seulement leur rend les dents complètement rouges mais surtout les font énormément saliver et cracher un liquide rougeâtre.

Est-il facile de partir en weekend ?

Un des problèmes de la Birmanie est le manque d’infrastructures et se déplacer prend beaucoup de temps. Néanmoins depuis Rangoon en prenant le bus (environ 5 heures) on peut se rendre à la plage de Ngwe Saung ou encore au Rocher d’Or (environ 3 heures). Sinon en partant le vendredi soir avec le bus de nuit et en revenant le dimanche soir avec le bus de nuit on peut passer deux jours à Bagan à admirer la vallée et ses plus de 2000 temples… Le train est toujours le même depuis la colonisation britannique et est donc extrêmement lent, il est donc préférable de voyager en bus de nuit, certains sont très confortables. L’avion est également une alternative intéressante mais beaucoup plus cher (une centaine de dollars pour un aller contre une vingtaine en bus). Les endroits les plus touristiques de Birmanie sont Rangoon, Bagan, Mandalay et le lac Inle et sont tous joignables soit en bus ou en avion. Si le temps le permet je conseil de visiter Hpa An également (environ 7 heures de bus depuis Rangoon).

Racontez-nous une anecdote ?

Des petites choses de la vie : parfois le magasin du coin me rend la monnaie en café ou en bonbons lorsqu’il n’a pas de petites coupures. Dans les restaurants de rue, on fait un bruit de bisou pour appeler les serveurs.

Pouvez-vous nous raconter une journée typique ?

Une journée de travail typique : je quitte mon appartement à 8h30, je prend un taxi et me rend au bureau où je commence à 9h et je termine entre 18h et 19h. Rien d’exceptionnel. Le week-end on essaie de tester de nouveaux restaurants ou on va dans ceux qu’on connaît déjà manger des barbecues, des chappattis, des currys, etc. Ensuite je me rend au magasin de DVD local acheter les dernières nouveautés ; souvent des films asiatiques, parfois quelques films américains. Puis le soir on va boire quelques bières dans des restaurants de rue ou des gin tonic dans les bars de Rangoon. Et puis pour ceux qui se demandent, oui il y a quelques boîtes de nuits à Rangoon également.

Charette à boeufs campagne birmane

Votre intégration a-t-elle été facile ?

J’ai eu la chance de partir une semaine avec toute l’équipe entre Bagan et Mandalay. J’étais le seul étranger et j’ai pu vraiment apprendre énormément sur les birmans et leurs habitudes ainsi que sur mes collègues. Au début on pense que tout est différent ici, mais au niveau des contacts humains, au final nous sommes tous les mêmes. Cela a beaucoup aidé dans mon intégration dans l’équipe et dans ma compréhension du pays.

Face à quelle mentalité/habitude/défaut de votre pays d’origine êtes-vous plus clément, avec le recul d’habiter à l’étranger ?

La qualité de vie en France est indéniable, surtout en ce qui concerne les soins. En France on a l’habitude de râler, mais au final ici les gens auraient 100 fois plus de raisons de râler. On apprend à apprécier la qualité de vie française, même si la qualité de vie en Asie a ses avantages également (on peut manger dehors deux fois par jour sans avoir à cuisiner, se déplacer en taxi, etc.).

Avez vous évolué ou grandit depuis votre départ ?

Chaque destination, chaque voyage nous fait évoluer. En vivant en Birmanie on apprend à prendre du recul par rapport à notre mode de vie ultra connecté (wifi, 3G, télévision, tablette, etc.) et cela joue énormément sur le tempérament des gens, moins stressés, plus ouvert vers l’autre. Et on apprend également qu’en France cela peut paraître normal d’ouvrir un robinet et d’avoir de l’eau – encore mieux de pouvoir la boire – mais ici ce n’est pas normal pour tout le monde.

schwedagon

Avez-vous des conseils pour les futurs-expatriés ?

C’est le parfait moment pour venir à Rangoon et observer de l’intérieur les transformations qui sont en train de s’opérer ! Comme je le raconte dans mon blog, Yangon n’est pas spécialement une ville moderne. Plutôt une sorte de jungle urbaine avec des bâtiments coloniaux un peu décrépis et des balcons qui ressemblent à des cages d’acier. Les trottoirs sont de véritables gruyères et la nuit les chiens errants investissent la rue. C’est l’Asie, mais pas celle de Shanghai ou Singapour. Pourtant une certaine atmosphère s’en dégage. Yangon est une ville romanesque.

Aux Cinq Coins du Monde est un site qui a pour but de rassembler et de partager les expériences de vies de francophones à l’étranger. Merci à Sara pour la publication sur son site de mon interview concernant la vie quotidienne en Birmanie en tant qu’expatrié. Pour lire l’interview complète et voir d’autres photos, c’est ici: L’interview de Damien, en Birmanie

N’hésitez pas à partager vos expériences à l’étranger !

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