La vie d’expatrié: Pékin vs Rangoon

Certes Pékin et Rangoon sont toutes les deux situées en Asie, pour autant la vie y est relativement différente. Rien qu’au nombre d’habitants: Pékin compte environ 20 millions d’âmes, là où Rangoon n’en compte « que » 4,5 millions. La vie quotidienne à Pékin sans parler chinois est un vrai casse-tête (chinois), alors qu’en Birmanie tout le monde baragouine un anglais plus ou moins bon selon les cas. Vous l’aurez compris, être éxpatrié en Birmanie ou éxpatrié à Pékin ce n’est pas exactement la même chose. Bref comparatif de la vie en tant qu’étranger dans ces deux villes:

Le climat

Que ce soit dit, le climat à Pékin et à Rangoon n’est en rien comparable. L’hiver à Pékin est rude et froid – qui a dit comme ses habitants ? – alors qu’à Rangoon il fait « frais » – selon les habitants – comprendre donc une moyenne de 25 degrés. L’été à Pékin est rude et chaud. Pékin aime les extrêmes, et cela fonctionne pour le climat également. Et je ne vous parle pas de la pollution et des particules PM2.5 qui poussent de nombreux expatriés à chercher leur bonheur ailleurs. L’été à Rangoon est… humide. Grosso modo de début juin à fin septembre on se trouve durant la saison des pluies. Rangoon est une des villes de Birmanie les plus touchée par la mousson. Certes, il ne pleut pas non-stop du matin au soir, mais lorsque la pluie arrive il vaut mieux être à l’abri. Le parapluie est le compagnon indispensable de chaque sortie. Et j’ai connu plusieurs personnes qui ont ruinés leurs téléphones ou leurs ordinateurs sous une grosse averse. L’hiver est donc la meilleure période pour venir en Birmanie – ce n’est pas pour rien si la haute saison touristique se situe entre octobre et avril. Entre avril et juin le climat est sec mais c’est les grosses chaleurs, le thermomètre n’a que rarement la chance de descendre sous les 35 degrés – il peut y en avoir 10 de plus. George Orwell rapporte dans Une histoire birmane : « Encore deux mois à crever comme ça. L’an dernier, pas une goutte de pluie jusqu’en juin. Regardez-moi cette saloperie de ciel, pas un nuage en vue ! Bon Dieu, qu’est-ce qu’on ne donnerait pas pour être à Piccadilly en ce moment, hein ? ».

Les transports

Le grand avantage de Beijing par rapport à Rangoon, c’est qu’il y a le métro et qu’il permet de se rendre un peu partout pour trois fois rien ; un trajet coûte 2 yuans (environ 24 centimes d’euros) et ce peu importe la destination – cela dit le gouvernement pense à augmenter le prix du trajet. Mais démographie oblige, aux heures de pointe le métro est bondé. Et c’est peu de le dire. Sur la ligne 10, en direction de Guomao – le quartier affaires de Pékin – il m’est arrivé plus d’une fois de devoir faire la queue devant le métro avant de pouvoir y entrer. Le sens de marée humaine prend tout son sens. Vu que Rangoon ne possède pas de métro, que les motos y sont interdites, il ne reste pas beaucoup d’options : soit vous ou une de vos connaissances avez une voiture, soit vous souhaitez vivre une expérience locale et prendre le bus – dont les numéros ne sont écrits qu’en birman et qui par ailleurs sont bondés eux aussi – soit vous faites comme 99,9% des expatriés et prenez le taxi. 99,9% parce que on a déjà au moins tous une fois pris le bus, « pour voir ». A Rangoon il y a des taxis partout, quasiment tous avec la même Toyota Probox au coffre suffisamment large pour accueillir au moins deux personnes – ce qui fait qu’on peut monter sans souci jusqu’à 7 personnes dans un taxi. Les prix se négocient avant la course – les taxis n’ont pas de compteurs – et une course classique vous coûtera entre 1500 et 3000 kyats (1,5 à 3 dollars) selon la destination. On s’imagine – à raison – que le trafic et les embouteillages à Pékin sont horribles. On s’imagine – à tort – qu’à Rangoon il ne doit pas y avoir beaucoup de trafic. Le matin pour me rendre au bureau, qui se situe à 5 km de chez moi, je prend environ 30 minutes en taxi. Et lorsqu’on sort du centre-ville les routes sont parfois hasardeuses. Et les taxis aussi.

Je disais au dessus qu’il y a des taxis partout à Rangoon. Ce qui est vrai, sauf lorsqu’il commence à pleuvoir. Et durant la saison des pluies, cela arrive tout de même assez fréquemment – cela ne s’appelle pas la saison des pluies pour rien. Dès qu’il pleut – je parle de pluie tropicale, pas du crachin qu’on peut avoir dans nos contrées françaises – trouver un taxi peut devenir la quête du Graal. Il faut dire que les routes sont inondées et que cela ne facilite pas les choses. Vu sous cet angle, trouver un taxi à Pékin semble plus aisé qu’à Rangoon. Mais en fait pas tant que cela, ou plutôt, plus tant que cela. Déjà l’an dernier les taxis ont augmentés leurs tarifs, passant de 10 yuans à 13 yuans minimum la course – soit 30% d’augmentation. Et puis maintenant qu’il est possible de réserver un taxi via une application sur son smartphone, vous verrez un tas de taxi vide passer devant vous sans s’arrêter. Enfin c’est ce qui arrive si vous ne faites pas partie de la génération smartphone, sinon il suffit de vous aussi vous mettre à ces applications: Didi Dache ou Kuadi Dache. A titre d’exemple, 20 000 courses sont réservées quotidiennement via Kuadi Dache.

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Le coût de la vie

Evidemment le coût de la vie en Birmanie et en Chine est différent. La vie est globalement moins chère en Birmanie. Néanmoins certaines choses en Birmanie restent presque hors de prix. Comme par exemple avoir une connexion Internet à la maison ou encore avoir une carte SIM. Depuis deux ans, le coût des communications a été divisé par dix. Néanmoins début 2014 acquérir une carte SIM vous coûtait toujours aux alentours de 100 dollars. Mais récemment deux entreprises de télécommunications se sont installées sur le territoire birman, Ooredoo et Telenor, avec comme but de proposer des cartes SIM à moins de 2 dollars pour septembre 2014. Concernant les logement également, et cela m’a énormément surpris, Rangoon est une ville chère. En fait il y a une sous-capacité de logements qui fait que les appartements décents sont plutôt rares et donc chers… et bien sûr avoir un four, une machine à laver ou une connexion Internet est du luxe. De même les hôtels sont trois fois plus chers ici que chez le voisin thaïlandais. En ce qui concerne la nourriture, je pense que cela se vaut, exception faite qu’il est possible de trouver de la bonne cuisine occidentale pour pas trop cher à Rangoon, ce qui est déjà beaucoup plus compliqué à Pékin.

Les autres expatriés

Pour finir, un point important, pour nous les expatriés, c’est justement le nombre d’autres expatriés dans le pays. Inutile de vous dire qu’il y en a beaucoup plus à Pékin qu’à Rangoon, vous l’aurez deviné. On peut facilement passer une journée à Rangoon sans voir d’autres occidentaux, chose plus rare à Pékin. On peut également aller dans certains bars à expatriés de Rangoon et ne pas trouver un seul birman… Tout dépend de ce que l’on recherche. Mais j’ai la vague impression que les expatriés à Rangoon sont plus ouverts et sympathiques qu’à Pékin. Ici, à Rangoon, lorsqu’on croise un autre occidental, on se salue. A Pékin, souvent ce n’est qu’arrogance, concours de celui qui est là depuis le plus longtemps, qui parle le mieux chinois ou qui a le plus de conquêtes. Il faut dire que la gentillesse des birmans est communicative.

4 réflexions au sujet de « La vie d’expatrié: Pékin vs Rangoon »

  1. Salut je viens de tomber sur ton article par hasard. Je suis actuellement en stage à Pékin pour mon M1 à ATOUT FRANCE dans le cadre de la promotion de la destination France sur le marché chinois et je veux absolument faire mon stage de M2 qui doit durer 6 mois. J’ai cru comprendre que tu avais fais aussi ton stage de M2 dans le secteur du tourisme, si tu peux m’en dire plus par mail ça serait vraiment sympa de ta part ^^

    Merci à toi,

    Julien

    1. Hello Julien,

      merci pour le commentaire. Je te réponds via ton adresse mail pour te donner plus de détail. Mais en l’occurrence pour le tourisme cela concerne plus la Birmanie que la Chine. Quoi qu’il en soit, discutons par email.

      Damien

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